Sarah Toussaint-Léveillé: Métaphores et courts-métrages

Sarah Toussaint Léveillé est une fille aussi discrète que modeste. Au moment de faire la promotion de son deuxième album, La Mort est un Jardin Sauvage, elle a même avoué à une journaliste qu’elle s’attendait à ce qu’il « passe dans le beurre ».   Heureusement, il semble qu’elle ait eu tort, puisque le disque a reçu un album plus que favorable et installé Sarah dans le peloton de tête de auteur-compositeurs interprètes québécois.

Comme plusieurs autres artistes, elle a fait son petit bonhomme de chemin, participant à des concours (Cégep en spectacle, qu’elle a remporté en 2008, les Francouvertes, où elle fut finaliste en 2012) et des vitrines professionnelles (Rideau), puis en accumulant des kilomètres au compteur, jouant dans des petites salles ou réchauffant la scène pour des artistes plus établis, ici comme en Europe.

Un premier album, La Mal Lunée, voit le jour en 2012, lancé sur l’étiquette fondée par son père, l’humoriste (et chanteur à ses heures) François Léveillé. de son propre aveu, ce premier essai était une compilation éclectique de chansons parfois naïves que la chanteuse traînait depuis l’adolescence. Un premier coup de sonde un peu désinvolte, qui a néanmoins mis le nom de Toussaint Léveillé sur nos radars.

Durant les trois années qui vont suivre, Sarah va noircir les pages de plusieurs cahiers et se remplir les oreilles de musiques belles et mélancoliques: Lhasa et Nick Drake, deux artistes disparus en plein élan créatif, deviendront ses compagnons de route. Quand est venu le temps de penser à son deuxième album, elle est rentrée dans ses terres, décidée, à l’instar du Candide de Voltaire, à cultiver son jardin. Elle a remué le sol de ses mains, quitte à se salir un peu et à s’y casser les ongles. Dans sa quête de vérité et d’authenticité, elle a laissé la végétation prendre racine sans trop forcer laissant pousser les orties entre les fleurs. Sarah n’hésite pas à tremper sa plume dans une encre plus noire que la nuit, abordant des thèmes durs comme le deuil et la séparation, mais elle laisse aussi entrer la lumière en chantant la vie et l’amour.  En français, la plupart du temps, mais aussi en anglais, de façon tout aussi convaincante (voir l’excellente Wake Up Without a Passion).

Épaulée par le musicien et réalisateur Josh Dolgin (SoCalled), elle a façonné un disque aux racines folk qui prend des détours vers le jazz, la chanson française et la pop. Sa voix feutrée, un brin monocorde, se pose sur de délicats arrangements de cordes,  danse avec une clarinette, se cogne contre un xylophone ou une harpe… tout ça sans la moindre concessions aux sonorités en vogue sur les radios commerciale. Une oeuvre d’une maturité étonnante de la part de cette artiste de 25 ans qui ne passera plus jamais inaperçue.

 

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